Revue de presse Afrique - À la Une: une bien longue procédure judiciaire pour Agathe Habyarimana

Podcast de l'émission Revue de presse AfriquePar RFI

Podcast mis en ligne le 00:04:06
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« Elle est souvent présentée, relève Le Monde Afrique, comme l’une des dirigeantes de l’"akazu", le premier cercle du pouvoir hutu qui, selon ses accusateurs, a planifié et orchestré le génocide des Tutsis, qui fit plus de 800 000 morts en 1994 » : Agathe Habyarimana reste sous les feux de la justice française. La cour d’appel de Paris a en effet jugé, hier, irrecevable pour des questions de forme sa demande de non-lieu. « La veuve du président Habyarimana, 78 ans, est visée depuis 2008 par une enquête en France sur son rôle lors du génocide de 1994, lancée à la suite d’une plainte du Collectif des parties civiles pour le Rwanda, rappelle Le Monde Afrique. Dans le cadre de cette procédure, elle a été placée en 2016 sous le statut de témoin assisté, intermédiaire entre témoin et mis en examen, et n’a plus été interrogée depuis sur les faits. Agathe Habyarimana invoquait le "délai déraisonnable" de l’enquête pour demander aux juges de clore leurs investigations. Ceux-ci avaient rejeté sa demande en novembre, faisant notamment valoir que des actes d’enquête étaient "en cours". Elle avait alors interjeté appel. » Sans succès, donc. Pas de statut légal « Pour ses avocats, pointe encore Le Monde Afrique, "c’est un dossier dans lequel on n’a aucun élément nouveau depuis cinq ans et pas davantage depuis sa demande de non-lieu l’an dernier. C’est une situation déplorable, poursuivent-ils, car cela bloque toute possibilité de régulariser sa situation administrative". Installée en France depuis 1998, Mme Habyarimana est de fait sans statut légal, précise le journal, puisque la France a refusé en 2011 son extradition vers le Rwanda, sans toutefois lui accorder l’asile en raison des soupçons sur le rôle qu’elle a pu jouer dans l’une des pires tragédies du XXe siècle. » Entre-deux judiciaire incompréhensible Pour le quotidien The New Times, à Kigali, cet entre-deux judiciaire est incompréhensible : « cela fait plus de 20 ans que les survivants du génocide et les autorités rwandaises se demandent pourquoi Agathe Habyarimana continue d’échapper à la justice ». Et le quotidien rwandais de rappeler que « la justice française s’est opposée à 42 reprises à son extradition vers le Rwanda » et de dénoncer le fait qu’elle « coule des jours heureux dans sa villa de Courcouronnes (dans la banlieue parisienne), entourée d’une partie de sa famille, ce qui est loin d’être le cas pour de nombreux rescapés du génocide ». Jeu politico-diplomatique trouble Et finalement, estime Le Pays au Burkina Faso, « la justice française donne l’impression de marcher sur des œufs et ne satisfait personne. Ni les avocats d’Agathe Habyarimana ni ceux des parties civiles. Certains n’hésitant pas même à s’interroger sur les raisons politiques de cet arrêt. Ils n’ont peut-être pas tort quand on sait que depuis peu la France fait des pieds et des mains pour se rapprocher du régime de Kigali. (…) En d’autres termes, précise Le Pays, la France qui, on le sait, a déjà clairement refusé d’extrader la veuve de Juvénal Habyarimana, ne veut pas en rajouter à la colère de Kigali en refusant ostensiblement d’ouvrir un procès contre elle sur son sol. On se rappelle encore qu’il y a quelques années, les autorités françaises, pour faire un clin d’œil à Kagame, avaient rejeté la demande d’asile de la dame Habyarimana. En fait, il s’agit là tout simplement d’un jeu politico-diplomatique trouble sur fond de manipulation de la justice dont il est difficile de prévoir l’issue ». Mali : le rouleau-compresseur de la justice en marche ? À la Une également, les suites de l’opération main propres au Mali, avec ce commentaire d’Inf@sept : « la première et indispensable étape de la marche vers le Mali nouveau passera incontestablement par la lutte implacable contre la corruption et la délinquance financière, devenues mode de gouvernance. (…) Les élites ont trahi le pays, s’exclame Inf@sept, alors le peuple réclame justice aux traîtres. Désormais, le rouleau-compresseur de la Justice est en marche : deux gros caïds, un ancien Premier ministre et une ancienne ministre des Finances dorment en prison depuis jeudi dernier pour détournements de deniers publics. Ils seront rejoints bientôt par d’autres pour les mêmes motifs, assure Inf@sept. Deux autres anciens Premiers ministres ont été convoqués par la Cour Suprême. Que tous ceux qui ont détourné l’argent du contribuable malien soient jugés et condamnés ».
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