Wendie Zahibo fait renaître les héroïnes d’Afrique dans « Reines des temps modernes »

Publié par

Wendie

J’ai rencontré Wendie et j’ai voulu écouter l’histoire de « Reine des temps modernes », le beau-livre dont elle est l’auteure. Je ne me suis pas lassée de l’écouter et j’ai voulu vous raconter son histoire, celle des héroïnes qu’elle nous présente… et qui parlent à travers l’Histoire à chacune d’entre nous.

Vous avez conçu un beau-livre intitulé Reine des temps Modernes. Pouvez-vous le pitcher pour nous ?

 Reines des temps modernes (RTM) est un beau-livre qui fait revivre 10 héroïnes africaines et afro descendantes à travers des femmes actuelles grâce à la photographie, le stylisme, le design et la poésie. RTM c’est un miroir dans lequel la femme noire prend conscience de sa beauté de sa richesse culturelle.

Au-delà du fond, la forme de votre livre interpelle. Vous avez choisi de créer un produit artisanal, avec du bois, très beau. Expliquez-nous vos choix esthétiques…

L’idée du bois m’est venue assez naturellement lorsque j’imaginais la réalisation de ce livre. Je le voyais comme un objet d’art, comme quelque chose de précieux parce que je considère que mon histoire, celle de mes ancêtres est quelque chose de précieux qui enrichit. J’avais envie que cela se ressente à travers l’objet que l’on tient. Le bois, c’est également la nature qui est très importante dans la culture africaine. J’ai voulu faire comme un lien entre la nature, l’histoire, l’art. Je trouve que le bois a ce caractère un peu majestueux, royal, qui résume un peu tout ça.

Votre livre a une histoire. Cela fait des années que vous changez d’angle d’attaque. Vous avez eu recours au financement participatif. Et désormais, vous avez choisi une autre méthode. Racontez.

 Cela fait environ 2 ans que je travaille sur ce projet. Il a commencé lors de mon installation au Brésil en 2014. J’ai été très marquée par les tensions raciales qui existent dans ce pays. J’étais la seule noire de mon quartier et était très frappée par la réaction de ceux que je croisais dans la rue. Après tous mes passages en Guadeloupe, en France et aux Etats-Unis, je peux dire que le type de racisme que j’ai vécu au Brésil était plutôt inédit et assez frontal. J’y ai pensé longtemps et je me suis demandé comment faire savoir aux Noirs de la diaspora et d’ailleurs que nous ne sommes pas du tout l’image que certaines personnes ignorantes, que certains médias essaient de nous renvoyer. Je me suis dit que ce serait intéressant de se baser sur l’histoire, car contrairement à ce que les gens pensent, l’histoire de l’Afrique n’a pas commencé au moment de l’esclavage, l’histoire de l’Afrique c’est le berceau de l’humanité, on a une histoire avant ça. On parle trop souvent des souffrances subies et on oublie souvent de parler de toutes les luttes, de toutes les personnes qui se sent battues contre l’esclavage, etc. C’est de tout ça qu’est né RTM : aller chercher tous ces modèles, ces héroïnes qui ont existé pour les faire revivre et pour faire savoir aux jeunes femmes en particulier qu’elles sont descendantes de ces héroïnes qui ont donné parfois leur vie pour que nous soyons là aujourd’hui. Le message c’est aussi de ne pas être effrayé, de ne pas se laisser intimider et d’aller au « front ».

Au-delà de la diversité de la beauté noire, c’est aussi proposer des modèles pour aider les jeunes femmes noires à se sentir bien dans leurs corps et dans leurs baskets.

J’ai donc fait des recherches et rédigé les textes et sélectionné les modèles. Une fois en Guadeloupe j’ai choisi le titre, ensuite je me suis installée à Paris pour donner vie à ce projet et essayer de rencontrer les « bonnes » personnes qui m’aideraient à faire avancer le projet.

J’ai rencontré Yoann qui s’est occupé de la partie graphisme, sérigraphie, maquette… et nous avons constitué une équipe avec les 10 modèles qui devaient poser, maquilleuse, coiffeuse, accessoiriste, styliste etc.

Le prototype a été achevé en 2015 et pour le faire éditer, nous avons premièrement pensé à le faire en auto édition car c’est compliqué de se faire accepter par une maison d’édition lorsque l’on n’est pas connu.

Nous avons lancé une campagne de crowdfunding en janvier 2016. Nous espérions récolter 15 000 euros pour éditer 250 livres, nous n’avons finalement pu récolter que le tiers de la somme…

Après cela, on s’est dit qu’il fallait lancer un site internet qui permettrait au public de précommander le livre, donc d’avancer de l’argent et de bloquer sa commande. Au bout d’un certain nombre de commandes, on pourra se permettre de lancer un tirage. Ceci nous permettra aussi de garder une liberté sur le contenu et sur l’édition, car en plus de l’édition en bois, nous pouvons aussi en faire une plus simple. Ce site est en pleine préparation, il sera terminé en septembre.

Si on veut se procurer « Reine des Temps Modernes », que doit-on faire ?

Une autre manière de précommander le livre est de se rendre sur la page qui est disponible actuellement pour entrer son adresse et s’inscrire à la newsletter – ce qui permet de bénéficier d’un code de réduction qui pourra être utilisé lorsque le site internet sera lancé en septembre.

Pouvez-vous proposer une « réduction » ou un « bon plan » aux lecteurs de Afroconso ?

Les personnes qui viennent d’Afroconso bénéficieront également d’un bon de réduction spécial.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s